Chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie… la liste des traitements disponibles pour soigner les patients atteints d’un cancer de la prostate est assez importante. Dans cet éventail thérapeutique, la thérapie hormonale de privation d’androgène (ADT) est utilisée pour réduire les taux d’androgène afin de ralentir le développement de la tumeur prostatique.
Or, les conclusions d’une méta-analyse suggère que l’utilisation de l’ADT dans le traitement du cancer de la prostate peut être associée à un risque accru de démence. Une équipe de chercheurs de Pennsylvanie (USA) a en effet compilé les données concernant plus de 50 000 personnes intégrées dans neuf études. Sept études ont rapporté une estimation des effets ajustés pour le risque de démence. Une méta-analyse des effets aléatoires des études signalant tout résultat de démence, qui comprenait 50 541 individus, a montré un risque accru de démence parmi les utilisateurs d’ADT (HR, 1,47; IC 95%, 1,08-2,00; P = 0,02). Dans un second temps, les chercheurs ont analysé séparément les études portant sur la démence totale (HR, 1,46 ; IC 95 %, 1,05-2,02; P < 0,001) et la maladie d’Alzheimer (HR, 1,25; IC 95 %, 0,99-1,57; P = 0,06).  En conclusion de leur travaux, publiée dans la revue Prostate Cancer and Prostatic Diseases, les chercheurs indiquent que “Les preuves combinées actuellement disponibles suggèrent que l’ADT dans le traitement du cancer de la prostate peut être associé à un risque accru de démence. Le potentiel de déficits neurocognitifs secondaires à l’ADT doit être discuté avec les patients.”
Nead KT, Sinha S, Nguyen PL. Androgen deprivation therapy for prostate cancer and dementia risk: a systematic review and meta-analysis. Prostate Cancer Prostatic Dis. 2017 Sep;20(3):259-264.